Mère et carrière, le duo impossible ?

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Qui parmi vous a déjà entendu les phrases suivantes lors d’entretiens d’embauche: «Vous avez un bon CV… Mais vous voulez des enfants ?» «Dans notre métier, avoir des enfants c’est compliqué.» «Ce poste n’est pas compatible avec une grossesse.» Ou encore, celles formulées par des collègues ou supérieurs, lors d’un retour de congé maternité : «On s’est tapé tout ton boulot pendant ta grossesse !» «Tu rentres de congés mat’ et tu demandes une augmentation !» «Enfants et carrière : on ne peut pas tout avoir.»

En France, la différence de salaire, en moyenne, entre les hommes et femmes cadres à temps plein s’élève à 21%. Le burn-out est deux fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes. 95% des allocataires du congé parental sont des femmes.

Un syndicat français – l’’UGICT, la CGT pour les Ingénieurs, cadres, techniciens – propose une campagne intitulée «#VieDeMère : avoir une carrière, c’est toute une histoire». Sur le blog de la campagne, le syndicat invite chacun à partager ces petites phrases «qui nous montrent que les discriminations sont encore bien réelles».

Le but : dénoncer le «plafond de mère», expliquent Marie-José Kotlicki, secrétaire générale de l’Ugict-CGT et Sophie Binet, secrétaire générale adjointe. «Grâce à l’élévation du niveau de qualification des femmes, l’encadrement se féminise. Pourtant, les inégalités entre femmes et hommes au travail sont tenaces en termes de déroulé de carrière, d’accès aux responsabilités ou de rémunération. Le plafond de verre joue à plein.» La faute, selon elles, à «la maternité, réelle ou supposée». Exemple : lorsque les mères prennent un congé parental, le retour au travail peut se traduire par une mutation sur un poste à moindre responsabilité, avec moins de perspectives de carrière ou de progression salariale, voire par un licenciement.

Comment changer le modèle de la responsabilité professionnelle pour ainsi permettre à chacun et chacune d’exercer pleinement sa parentalité? Réduction du temps de travail, autorisation d’absence, prise en charge de la petite enfance, droit à la déconnexion, management alternatif.

Touche d’optimisme toutefois, le syndicat souligne des «avancées obtenues dans plusieurs entreprises grâce aux négociations syndicales» : le paiement du congé paternité à 100%, une participation à la prise en charge des frais de garde de nuit des enfants de moins de 16 ans en cas de formation nécessitant un déplacement de plusieurs jours ou encore l’interdiction de réunion commencée après 16h30.

Et pour vous, c’est comment votre carrière et votre vie de mère ?