Dans la peau d’une Noire…

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Tania de Montaigne a écrit « Noire », un récit qui nous fait vivre de l’intérieur l’histoire de Claudette Colvin, une femme noire dans l’Alabama des années 1950, qui, un jour, bien avant Rosa Parks, refuse de céder son siège dans le bus à un passager blanc. Jetée en prison, elle décide de plaider non coupable et d’attaquer la ville, ce qui est une première. Imaginez-vous dans une société où le pouvoir appartient aux blancs, imaginez la peur, l’arbitraire et l’injustice.

« Prenez une profonde inspiration, soufflez, et suivez ma voix, désormais, vous êtes noir, un noir de l’Alabama dans les années cinquante. Vous voici en Alabama, capitale : Montgomery. Regardez vous, votre corps change, vous êtes dans la peau et l’âme de Claudette Colvin, jeune fille de quinze ans sans histoire. Depuis toujours, vous savez qu’être noir ne donne aucun droit mais beaucoup de devoirs… »

Etre noire, aujourd’hui comme hier, « ça n’est pas une question de peau, c’est une question de regard, de ressenti. » Il fut un temps où je n’étais pas noire. C’était avant la collision, avant l’école maternelle. Il fut un temps où j’étais simplement une petite fille de pas encore trois ans. » Etre femme et noire, c’est malheureusement bien souvent la double peine…

Sans les femmes, il n’est pas sûr que le combat de Martin Luther King aurait pu voir le jour…

J’ai lu une interview de Tania de Montaigne dans le magazine Elle et voici une chose qu’elle a exprimée et que je trouve d’une grande pertinence: « On se voudrait spectaculaire et, comme on ne l’est pas, c’est décevant ! Or, il existe un entre-deux: ni extraordinaire ni minuscule. C’est déjà pas mal ».

Tania ne résume-t-elle pas tout avec cette phrase: « Ce qui fait tenir, c’est les autres. » Tania a grandi dans une cité: « Ceux qui m’ont aidée sont une nourrice, une voisine, une assistante sociale… Des gens qui sont là, avec ce qu’ils sont, mais qui ont une exigence de ce que les choses devraient être. » Notre vie à toutes ne la devons-nous pas aux autres ? Nous aussi, ce qui nous fait tenir, c’est les autres, et parmi ces autres, il y a des femmes comme Tania !

Livre « Noire » de Tania de Montaigne:

Tania de Montaigne a également rédigé « Nous n’avons pas fini de nous aimer »: « Le lendemain du 13 novembre, je suis sortie, comme des milliers d’autres, avec une fleur pour les morts. Là, un micro s’est tendu et j’ai dit, simplement, ce en quoi je crois. J’ai dit, Paris est une fête, le roman d’Hemingway, est une belle réponse à Daech. J’ai dit, nous fraterniserons avec cinq millions de musulmans et nous nous battrons contre dix mille barbares. C’est sorti comme ça, c’était l’évidence, la fraternité d’abord. » Ces mots sont ceux de Danielle Mérian, 78 ans, devenue l’incarnation d’un sursaut vital en 2015. Avocate, militante infatigable contre la torture, la peine de mort et l’excision, Danielle Mérian raconte dans ce livre son parcours de femme libre. Elle montre que l’engagement est le meilleur moyen de tenir bon face à l’adversité et de reprendre en main notre destin. Pendant trois mois, Tania de Montaigne a été l’enregistrer chez elle pour nous offrir ce témoignage.

Livre « Nous n’avons pas fini de nous aimer »: