Devenir maman… maintenant, plus tard… ou pas

 

Devenir maman, cela ne va pas toujours de soi. Il y a tant de situations que nous les femmes pouvons rencontrer dans nos vies. Tomber enceinte trop tôt, malgré toutes nos précautions, dans un moment de notre vie qui n’est pas du tout adéquat… Vouloir tomber enceinte et découvrir que l’on n’y arrive pas. Vouloir être maman, mais pas maintenant, plus tard peut-être. Ou ne pas avoir envie de devenir parent.

Chaque personne est unique, chaque expérience est particulière, chaque situation est à prendre en considération. Combien de femmes au cours de leur vie ont du faire des choix, parfois douloureux, face au désir – ou à l’injonction – de devenir mère…

Afin de pouvoir vivre sereinement nos choix, rien de tel que d’être bien informées et accompagnées. Nous les femmes avons le droit de choisir quand, comment et dans quelles conditions avoir – ou pas – un enfant.

Le droit à l’avortement

Nous avons été secouées par la disparition de Simone Veil qui s’est battue pour le droit à l’avortement, un droit qui est encore à l’heure actuelle interdit ou en danger dans tant de pays. J’ai pu récemment découvrir le récit autobiographique de Nathalie Carron qui nous dévoile son choix de l’IVG, l’interruption volontaire de grossesse : « Une femme sur trois – Des mots sur l’IVG ». A travers son témoignage, Nathalie Carron partage avec nous les difficultés et les obstacles à la mise en pratique de ce droit, ainsi que les facteurs favorables à son exercice. Elle retrace aussi l’histoire des mobilisations pour la conquête de ce droit fondamental, un droit auquel chacune de nous préférerait bien évidemment ne pas jamais être confrontée : « Cette décision prise avec la conviction de « faire au mieux » pouvait s’exprimer par un immense soupir de soulagement comme réveiller doutes et douloureuses incertitudes avant qu’elle ne s’impose. Elle ne se prenait pas à la légère. » N’oublions jamais que la contraception et le droit à l’avortement traduisent « le souci de pouvoir accueillir un enfant, dans de convenables conditions matérielles et affectives, au nom d’une parentalité réfléchie. »

Le 28 septembre prochain aura lieu la journée mondiale du droit à l’avortement, des manifestations auront lieu en France et en Belgique. Une pétition sera déposée au Parlement Européen pour que ce droit soit enfin reconnu et garanti.

Le droit de devenir parent

Le droit de devenir parent, quand on ne parvient pas à concevoir naturellement un enfant ou quand on n’a pas de partenaire, n’est-il pas un droit fondamental lui aussi ? Des solutions existent. Encore une fois, rien de tel que d’être bien informées et soutenues. Recourir à une procréation médicalement assistée ? Le terme PMA regroupe toutes les méthodes d’aide à la procréation, dont la fécondation in vitro (FIV) qui, comme l’explique le site IVI, est l’union de l’ovocyte et du spermatozoïde dans le laboratoire – in vitro -, en vue d’obtenir des embryons déjà fécondés pour les transférer ensuite dans l’utérus maternel.

Avoir des enfants plus tard tout en préservant ses chances de procréation ? Il existe aujourd’hui la technique de vitrification des ovocytes qui, par rapport à la congélation traditionnelle, présente le principal avantage d’éviter la formation de cristaux de glace qui abîment l’ovocyte et permet ainsi à quasiment 100% d’entre eux de survivre au processus.

En France, la PMA est réservée actuellement aux couples composés d’un homme et d’une femme en âge de procréer et qui souffrent d’une infertilité médicalement constatée ou bien qui risquent de transmettre une maladie grave à l’enfant. En Belgique, la PMA est autorisée pour les couples de même sexe. Certains hôpitaux belges prennent en charge les demandes de femmes célibataires.

En France, le Comité consultatif d’éthique s’est prononcé tout récemment en faveur de la procréation médicalement assistée pour les femmes célibataires et les lesbiennes. Un pas vers un débat parlementaire…

René Frydman, père du premier « bébé-éprouvette », dénonce depuis des années les blocages et les incohérences qui entravent en France la médecine procréative. En publiant, aux côtés de 130 autres spécialistes, « Le Droit de choisir », il plaide pour l’ouverture de la PMA à toutes les femmes et l’autorisation encadrée de l’analyse génétique de l’embryon dans le cadre d’un grand plan contre l’infertilité.

« Aujourd’hui, nous sommes face à un véritable phénomène de société : 15% des couples en âge de procréer consultent. Un sur dix suit un traitement pour remédier à l’infertilité, en raison d’une faible production de spermatozoïdes, d’anomalies d’ovulation ou de l’appareil reproductif, de maladies génétiques ou de l’âge. Chaque année, près de 30.000 couples nous sollicitent. Environ 300.000 bébés sont nés dans l’Hexagone grâce à l’assistance médicale à la procréation, ces quarante dernières années. Pour une partie d’entre eux, les familles françaises sont allées chercher ailleurs l’aide de la médecine. On parle de « tourisme procréatif », mais les couples ou les femmes célibataires contraints à l’exil pour contourner des interdits hexagonaux ne sont pas des visiteurs en goguette. Ils assument des décisions lourdes et coûteuses. »

René Frydman

Le droit de ne pas vouloir d’enfants

Si nous ne ressentons pas le désir d’être mère, c’est encore un choix et un droit tout à fait légitime ! Connaissez-vous le documentaire « Maman ? Non merci » ? Magenta Baribeau est partie à la rencontre de femmes childfree (sans enfant par choix) françaises, belges et québécoises de 30 à 70 ans afin de comprendre la réalité de celles qui ont fait le choix de ne pas procréer. Elle a exploré les mythes et les pressions sociales qui s’exercent sur nous les femmes…

Vos témoignages

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