Chiharu Shiota

 

Les installations de Chiharu Shiota sont monumentales. Cette artiste utilise le fil comme moyen d’exploration des relations entre les êtres humains et de leur sentiment d’appartenance. Son œuvre a été exposée dans le monde entier.

A 12 ans, je voulais être artiste, et rien d’autre. J’ai deux grands frères ; j’étais la plus jeune, et, du coup, je n’ai pas eu de pression pour changer d’avis. Mes parents avaient une petite usine de cartonnage où tout était automatisé. Quand j’étais petite, je n’aimais pas qu’on conçoive avec des machines. J’avais déjà envie de créer avec mes mains.

J’ai été formée à la peinture et au dessin au Japon. J’ai trouvé rapidement la feuille et la toile trop contraignantes. J’ai alors imaginé un autre moyen de dessiner, dans l’espace, avec des fils de laine et de coton qui forment aussi une ligne, un tracé.

La souplesse du matériau me permet de tendre ou distendre le matériau, à l’image des relations humaines. Tisser dans les airs, seule ou en groupe, est une forme de danse. Je le vis comme une méditation, un monde parallèle, comme les moines zen des temples japonais qui tracent chaque jour un nouveau jardin de pierres.

Née à Osaka au Japon en 1972, Chiharu Shiota vit et travaille à Berlin depuis 1997. Elle a suivi des études à l’Université des Arts de Berlin puis à l’Université des Beaux Arts d’Hambourg.

Son langage s’est nourri des influences d’artistes comme Louise Bourgeois, Eva Hesse, ou Ana Mendieta.

Au commencement de l’humanité, la mort était directement connectée à la vie humaine, considérée comme sa destination. Cela offrait des réponses à nos interrogations quant au sens de la vie. Les hommes étaient plus sensibles aux processus créatifs et aux différentes étapes de leur parcours. Aujourd’hui, nous construisons et créons en masse, y compris des choses dont nous n’avons pas besoin, et cela sans avoir un objectif clair, et à une vitesse vertigineuse…

Voilà une artiste – parmi beaucoup d’autres ! – qui nous rappelle que créer de ses mains, ce n’est pas lié au passé mais au présent et au futur !

Bravo à Chiharu Shiota et à toutes les femmes qui créent chaque jour, de mille manières différentes ! 🙂