Pourquoi être afro-féministes ?

Les femmes noires sont-elles doublement marginalisées ? Racisme et sexisme, même combat ? Le black feminism est né aux Etats-Unis: dès 1851, Sojourner Truth, ancienne esclave abolitionniste noire, prononce un discours puissant et précurseur (“Ain’t I a Woman?”, soit “Ne suis-je pas une femme ?”) dans lequel elle interpelle les féministes sur les différentes oppressions subies par les femmes noires.

Certaines femmes luttent toujours aujourd’hui contre un féminisme mainstream, qui les a trop souvent reléguées au second plan.

L’expression ‘intersectionnel’ désigne la situation de personnes victimes de plusieurs discriminations à la fois, que ce soit à cause de leur sexe, leur couleur de peau, leur origine ou encore leur orientation sexuelle. Angela Davis, militante pour les droits des femmes et ancienne membre du Black Panther Party, sera l’une des premières à mettre en lumière les enjeux de l’intersectionnalité.

Ouvrir la voix, le film d’Amandine Gay

Ouvrir la voix, le documentaire d’Amandine Gay, questionne l’identité et la place des femmes noires vivant en France ou en Belgique: la réalisatrice a donné la parole à celles à qui ne l’ont pas, ou pas assez. Ou si mal. Stigmatisées depuis l’enfance sur leur couleur de peau, elles sont aujourd’hui comédiennes, ingénieurs, performeuses, journalistes, interprètes ou militantes pour le droit des mères. Elles disent la multiplicité de leur identité « afro » en Europe.

 

« Afropéanité »: le mot est de Léonora Miano, écrivaine franco-camerounaise et Prix Féminina 2013. Comment créer un afro-féminisme à la fois particulier et universel ?

Comment exister pleinement en tant que femme, quelle que soit sa couleur de peau, son origine, son orientation sexuelle ? Une porte d’entrée est pour beaucoup de femmes de cesser de vouloir se conformer aux stéréotypes de beauté occidentale. Le concept de la sororité est aussi une arme puissante pour faire bouger les lignes, pour être solidaires entre nous.

Y a-t-il autant de féminismes que de femmes ? Il y aussi des particularités partagées qui ne doivent pas nous faire perdre de vue à quel point nous, toutes les femmes, avons le droit d’exister pleinement, de nous exprimer, de contribuer à la société.

Nous ne sommes pas au bout de notre chemin vers l’égalité, j’ai même parfois l’impression que nous l’avons à peine commencé… Alors, sisters, soyons unies dans ce grand défi !