Où allons-nous dans nos rapports hommes-femmes ?

Alors que la parole se libère, alors que sont dévoilées chaque jour de nouvelles affaires d’agression et de violence envers les femmes, se pose la question: où allons-nous dans nos rapports entre nous les femmes et vous les hommes ?

Sommes-nous en train d’assister à une transformation de nos rôles et comportements ? Allons-nous évoluer vers une ‘indifférence’ entre les sexes ?

Comment aboutir à une réelle égalité qui n’enlèverait en rien la magie, le charme, l’attirance, la séduction, le désir entre nous ?

La journaliste américaine Hanna Rosin a écrit The End of Men. Quelle est sa thèse ? La montée en puissance des femmes signifie la fin du pouvoir masculin. Selon Hanna Rosin, nous entrons dans une ère nouvelle: les femmes sont plus diplômées que les hommes, elles ont acquis une indépendance financière qui les émancipe. la femme ambitieuse qui « part à la conquête de nouveaux territoires sans pour autant renoncer aux anciens, quitte à s’exposer à des dilemmes existentiels : trop de travail et trop de responsabilités à la maison, trop de pouvoir et trop de vulnérabilité, trop de confort et pas assez de bonheur ».

Et les hommes, que deviennent-ils ? Le portrait qu’en dresse la journaliste est caricatural: ils sont un peu « largués » : moins diplômés, donc, que les femmes, ils « se concentrent toujours sur l’industrie, des métiers (bâtiments, transports et production) en perte de vitesse » – ce qui explique qu’ils aient beaucoup souffert de la récente récession (appelée parfois mancession). Alors que les femmes développent des qualités telles que « l’intelligence sociale, la communication, la ocncentration » adaptées à la nouvelle économie tandis que les hommes « sont réticents à endosser les nouveaux rôles qui s’offrent à eux : aide-soignant, enseignant, père à plein temps. »

La réalité est toute autre pour beaucoup de femmes que la situation décrite par la journaliste: les femmes restent globalement moins payées que leurs homologues masculins ; la condition féminine (taux d’emploi, écarts de salaire, tâches domestiques…) ne progresse plus depuis une vingtaine d’années.

Mais l’excès même de l’annonce de la « fin des hommes » invite à s’interroger : comment les hommes ont-ils réagi à des transformations aussi importantes que l’entrée massive des femmes sur le marché du travail, leur plus grande réussite scolaire ? Une nouvelle « identité masculine » est-elle en train de naître ?

Assistons-nous à une « crise de la masculinité » ? Les hommes sont-ils de plus en plus mal à l’aise ? Est-ce la fin des valeurs associées à leur sexe (autorité, virilité…) ?

Des enquêtes sociologiques récentes indiquent l’existence d’une norme masculine « hégémonique » (méfiance pour le féminin, crainte de perdre la face, recherche de consécration…), auquel chaque homme est confronté. Chacun s’adapte et certains se replient dans une virilité intransigeante.

Force, autorité, domination : tels ont été les critères de la virilité, d’où le « blues » du mâle contemporain ? A la recherche d’une identité masculine plus conciliable avec l’égalité des sexes…

Et s’il s’agissait de la fin de l’identité sexuée au sens où féminin et masculin se combinant en chaque être, ce besoin d’identité liée au genre disparaissait ?

Et si l’on cessait d’opposer nos identités, cela ne nous permettrait-t-il pas d’être davantage solidaires entre nous les femmes et entre nous tous, hommes et femmes ?

Nos relations entre nous les femmes et vous les hommes ne sont-elle pas à l’aube d’une magnifique nouvelle ère ? 🙂