Education: les stéréotypes perdurent… les filières restent ‘genrées’

En France, les jeunes femmes représentent aujourd’hui près de 60% des étudiants dans les universités mais sont toujours moins nombreuses à intégrer certaines filières sélectives comme les classes préparatoires (42,6%) et les grandes écoles scientifiques (22,2%). L’enseignement supérieur apparaît largement divisé entre des filières « masculinisées » (essentiellement en sciences et techniques) et des filières « féminisées », comme les formations paramédicales et sociales (85% de filles) ou les licences en lettres et sciences humaines (70%).

Ces différences d’orientations reflètent les rôles attribués aux hommes et aux femmes dans la société, ainsi que la socialisation genrée qui, dès le plus jeune âge, contribue à valoriser des compétences différentes chez les filles et les garçons.

L’institution scolaire participe elle-même à la perpétuation de certains stéréotypes de genre, comme le montre une enquête récente : à appétences équivalentes pour les matières scientifiques et à notes égales à celles des garçons, les filles sont toujours moins orientées que ces derniers vers la filière scientifique du bac.

N’est-ce pas scandaleux que l’on en soit encore là en 2018 ?!

Tout commence dès le plus jeune âge… Ce qui se passe dans les cours des écoles maternelle et primaire en dit déjà long… Ma fille de 7 ans m’a expliqué que les garçons traitent ses jeux avec ses copines de ‘jeux de femelles’… Cela fait rire mon compagnon mais pas moi… Que penser d’une telle vision entre les enfants ?

Nous pouvions espérer, dans le cadre des écoles mixtes, que le fait que les filles et les garçons soient constamment ensemble, cela allait faire tomber les ‘barrières’, les jugements, les ‘cases’ mais qu’en est-il réellement ?

Les garçons auraient besoin de plus d’espace pour se défouler physiquement ? De plus d’interactivité pour s’intéresser aux matières enseignées ? Les filles seraient plus calmes, plus sages, plus dociles ?

Même si j’observe que les enfants ont certains penchants ‘naturels’ et que les filles et les garçons ont souvent tendance à jouer entre eux, n’est-ce pas le résultat d’un contexte favorisant de tels comportements ? On ‘s’attend’ à ce que les filles et les garçons se comportent différemment, donc on agit en conséquence et… on renforce le cercle vicieux !

Les sciences ‘dures’, les métiers techniques, manuels n’intéresseraient pas les filles de 18 ans ? Mais par quoi sont-elles passées avant pour ne pas choisir ces filières ?

Comment la confiance en soi des filles s’est-elle détériorée en cours de route?

Quelles sont les femmes qui les inspirent, qui jouent un rôle inspirant dans leur vie ?

Comment ont été accueillies leurs envies de se distinguer des parcours féminins ‘classiques’ ?

La vigilance s’impose au sein des familles, des écoles et des cercles d’amis…

Nous avons raison de faire de la lutte contre tout type de harcèlement et de violence envers les femmes une priorité, n’oublions celle de ‘casser les codes’ en ce qui concerne l’éducation des filles !