Sarah Gysler, le tour du monde seule et sans argent…

A 20 ans, il y a 4 ans, Sarah Gysler a decidé de prendre la route, seule et… sans argent ! Elle n’avait pas de but précis. Son voyage c’était pour se trouver… elle… Elle a traversé l’Europe, les Philippines, traversé l’Atlantique à bord d’un voilier et surtout elle a fait des rencontres qui l’ont transformée !

« Si tu as de l’argent, tu n’as pas besoin des gens. Moi je suis forcée d’aller à la rencontre des autres pour advancer. »

Sarah raconte son aventure dans « Petite », un récit, qui pose des questions comme qu’est-ce que réussir sa vie ? Donne-t-on vraiment le choix aux jeunes gens d’aujourd’hui de choisir leur propre chemin? Que se passe-t-il quand on décide de ne pas suivre les rails ?

Sarah nous questionne : d’autres voies sont-elles possibles pour chacun d’entre nous, et collectivement. Peut-on s’écarter de l’autoroute tracée depuis l’enfance ?

« Ce qui demande le plus de courage, ce n’est pas de se débrouiller dans la nature ou de partir seul. C’est de remettre en question le monde qui nous a construit. »

Pour découvrir son aventure de l’intérieur, voici son blog: L’aventurière fauchée

Qu’a-t-elle appris en devenant l’aventurière fauchée ?

Que le mot  »impossible » n’a pas vraiment de sens.

Quel conseil nous donne-t-elle à nous, les femmes, quand nous n’osons pas nous lancer ?

C’est normal d’avoir peur, mais il ne faut pas avoir peur de ta peur. Je te jure que ça va aller. Et puis si ça ne va pas, tu pourras toujours revenir en arrière. Je ne connais personne qui regrette d’avoir suivi son rêve.

Extrait de son livre « Petite »:

« A quinze ans, il y a des gens qui savent exactement ce qu’ils veulent faire de leur vie. En général, ils sont blonds, polis, parfaits. Comme dans les sketchs de Gad El Maleh. Ils ont un visage lisse, un prénom lisse, une vie lisse. Ils choisissent ce que l’on appelle des « beaux métiers », des trucs qui rendront fières leurs mamans et leur promettront une destinée peu houleuse. Et ils y arriveront, c’est sûr. Il y a eu un temps où je les enviais. Je me suis souvent demandé ce que ça faisait d’être de ceux-là. D’avoir des parents qui s’aiment encore, s’embrassent avant de partir au travail, et passent des dimanches en famille. D’avoir un père qui ne pisse pas par un tuyau, une mère qui n’a jamais voulu mourir.

Moi, j’ai les cheveux noirs. Noir corbeau, comme ma mère. Et je fais partie de l’autre tas. Là où se trouvent ceux qui galèrent, avec un cœur trop mou, des discours décousus, des crises d’angoisse la nuit. Le tas de ceux qui vont se perdre, errer, tomber, plusieurs fois. Bref, de ceux qui ne sont jamais posé la question de ce qu’ils allaient faire comme métier avant qu’on leur pose. C’est là que les choses ont commencé à se corser pour moi. J’ai eu quinze ans et il a m’a fallu choisir une vie. »