Violence conjugale verbale, quand les mots font mal

Amélie Cordonnier a écrit un roman, « Trancher », dans lequel elle raconte l’histoire d’un couple où la violence conjugale, c’est la violence des mots. Injures de l’homme envers la femme.

Les questions se bousculent: rester ou partir ? Se taire ou parler ? Dénoncer ? Vaincre seule ? Après la stupeur, les tremblements ou l’action ?

Dans le livre d’Amélie Cordonnier, la femme se parle à elle-même et c’est son dialogue intérieur que nous lisons. L’héroïne du roman retranscrit les insultes, pour ne pas les amoindrir, pour ne jamais oublier, pour réagir. Ce ne sont que des mots ? Faut-il accepter, par amour de l’autre, par amour de la relation que l’on a construite au fil des années, faut-il tenter de comprendre ou faut-il condamner ? Comment trouver la force de ‘trancher’?

Quand un « Ta gueule ! » surgit, comment ‘rompre’, ‘trancher’, ‘couper’ ce fil qui nous lie à l’autre, ce lien qui peut nous mener à nous manquer de respect à nous-mêmes, à nos enfants – qui assistent impuissants -, aux membres de notre famille ?

Avez-vous, vous aussi, déjà vécu ce type de violence conjugale ? Avez-vous subi ces mots qui blessent autant que des coups physiques mais qui ne laissent pas de traces extérieures, ce qui rend cette violence à la fois difficile à assumer – comment puis-je accepter que l’on me traite ainsi – et si difficile à briser – par où commencer pour mettre fin à ce cercle vicieux ? Ce qui rend certaines situations extrêmement complexes, c’est la valse des mots durs et des mots doux, c’est lorsque la personne qui fait mal se repent ensuite. C’est rarement tout à fait noir ou tout à fait rose, d’où tant d’hésitations à rompre.

Le harcèlement moral est potentiellement partout: au sein des familles, des couples, des cercles d’amis et des entreprises. Les mots peuvent être des armes insidieuses car sans effets apparents. Brisons, tranchons le cercle de toute violence !