Les grèves scolaires face à l’urgence climatique: les filles pionnières !

Des lycéennes et collégiennes sont devenues des figures mobilisatrices dans le cadre de lutte contre le changement climatique.

Partie de Suède, la mobilisation des écoliers a essaimé en Australie, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse, en Belgique, au Canada, aux Etats-Unis, en Irlande et au Royaume-Uni.

En Suède, la pionnière Greta Thunberg

La Suédoise Greta Thunberg a été la première à manifester à Stockholm, toute seule, devant le Parlement de son pays au lieu d’aller en cours. Elle s’y est rendue tous les jours pendant trois semaines avant les élections de septembre 2018, pour demander au Premier ministre de se conformer à l’Accord de Paris.

L’adolescente de 15 ans, dont le pays s’est engagé à être neutre en carbone en 2045, une première mondiale, estime que la date butoir est trop lointaine et que les gouvernements doivent agir plus vite. Elle intime les dirigeants mondiaux à mettre en œuvre les mesures nécessaires à limiter le réchauffement à +2°C, idéalement +1,5°C, par rapport à l’ère préindustrielle.

Greta Thunberg a impressionné par un discours argumenté lors de la 24e conférence des Nations unies sur le climat à Katowice, en Pologne.

Invitée au forum de Davos, elle a préféré faire 32 heures de train plutôt que de prendre l’avion, trop polluant. Question de cohérence. «J’estime qu’il est insensé que des personnes qui discutent notamment ici du dérèglement du climat, arrivent en jet privé», a-t-elle tancé d’entrée, allusion aux quelques centaines d’avions spécialement affrétés pour l’occasion. Les responsables économiques et politiques «savent exactement quelles valeurs inestimables ils ont sacrifiées afin de continuer à gagner des sommes d’argent inimaginables», a-t-elle déclaré à l’AFP.

Des Australiennes lui emboîtent le pas

Harriet O’Shea Carre et Milou Albrecht, 14 ans, étudient dans un collège à 1 h 30 au nord de Melbourne. Elles ont voulu organiser une première «Climate strike» en Australie le 30 janvier, dans une ville de leur Etat, la Virginie. Dans une tribune publiée sur le site du Guardian, elles témoignent de leur quotidien dans une zone rurale, où elles ont fait l’expérience des événements climatiques extrêmes. «Notre gouvernement est censé nous protéger, pas détruire nos chances d’avoir un futur sans danger», regrettent-elles, alors que les émissions de CO2 en Australie repartent à la hausse. Et d’interpeller les politiciens : «Il est temps de nous écouter». La mère de Milou, psychologue, les a sensibilisées aux conséquences du changement climatique sur la santé mentale, sujet encore peu abordé.

La troisième signataire est Jean Hinchliffe. A 14 ans, cette collégienne s’est rapprochée de Milou et Harriet pour organiser une manifestation le même jour à Sydney.

Trois Belges mobilisent les foules

En Belgique, la mobilisation a commencé le mardi 20 novembre, à l’initiative d’élèves de l’Ecole européenne de Bruxelles II mais c’est la création du mouvement «Youth for Climate» par des lycéennes qui a véritablement impulsé la mobilisation sur le long terme. Anuna De Wever a 17 ans et a eu déclic il y a un an : «Anuna accompagne sa mère à New York, pour assister à une conférence sur le féminisme. C’est là qu’elle découvre les vulnérabilités des femmes face aux changements climatiques. Une révélation», raconte la RTBF. Adélaïde Charlier, 18 ans, est chargée de coordonner le mouvement dans la partie francophone du pays. «Youth for Climate» a l’intention de continuer la mobilisation en Belgique jusqu’aux élections européennes de mai.

Au Canada, Rebecca Hamilton amorce l’action

«Le changement climatique va avoir un impact sur notre futur mais nous ne pouvons pas voter, nous n’avons pas de voix. Donc c’est notre manière d’exprimer notre frustration»

La jeune activiste tient un blog sur ses actions depuis ses 15 ans. Elle a coorganisé avec son mouvement Sustainabiliteens une nouvelle manifestation le 16 janvier devant le conseil municipal pour faire voter une motion reconnaissant l’état d’urgence climatique à Vancouver. Une de ses camarades, Lilah Willimson, 14 ans, a été reçue et a pu lire un discours devant les élus, qui ont par la suite voté la proposition à l’unanimité.

Du 14 au 18 février à Ottawa, le mouvement «PowerShift : Jeunes en action» espère réunir des centaines de jeunes pour passer à l’action. L’équipe d’une vingtaine d’organisateurs prévoit de nombreuses interventions mais aussi groupes de travail pour apprendre à lancer une campagne, à influencer les décisions, notamment pour faire reculer le gouvernement canadien sur la question des pipelines et des sables bitumineux.

BRAVO les filles ! Je ne suis pas étonnée que vous preniez si bien les commandes de ces mouvements. Depuis bien longtemps nous, les filles et femmes, sommes mobilisées pour protéger la planète et faire cesser les comportements destructeurs… Je suis ravie de vous voir ainsi prendre la parole en public, vous faire entendre et mobiliser en masse ! Nous sommes derrière vous !