STOP aux violences conjugales !

En France, plus de cent femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-compagnon depuis le début de l’année 2019. 149 morts violentes au sein du couple ont été recensées au cours de l’année 2018. Parmi les victimes, 81 % sont des femmes. 220 000 femmes sont chaque année victimes de violences physiques ou sexuelles dans un cadre conjugal. Seul un faible pourcentage des femmes victimes de violences conjugales déposent plainte. En Belgique, on estime que 70% des plaintes pour violences conjugales sont classées sans suite.

L’image de cet article représente une centaine de militantes du collectif #NousToutes qui se sont rassemblées devant la Tour Eiffel, le 1er septembre, pour dénoncer le 100ème féminicide de l’année 2019.

Féminicide

La Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres du Parlement européen a appelé les Etats membres de l’UE à qualifier juridiquement de « féminicide » tout meurtre de femme « fondé sur le genre ».

L’Espagne, qui a fait des violences conjugales une cause nationale, a intégré le terme « féminicide » dans son droit et a développé tout un arsenal juridique pour contrer ces violences. L’Espagne a réussi à mettre en oeuvre une politique efficace de lutte contre les violences faites aux femmes. L’usage du bracelet électronique a été étendu aux conjoints violents. Des tribunaux spécialisés ont été créés et permettent une justice accélérée.

Une majorité d’associations et de familles de victims militent pour la reconnaissance du mot « féminicide » dans l’espace public, l’envisageant comme une « étape indispensable » dans la lutte contre les violences conjugales.

« Actuellement, on reconnait la violence conjugale comme une circonstance aggravante s’il y a une violence physique. Et encore, il faut que cela soit trash et régulier. Il n’est jamais question de violence psychologique ou économique. Il n’y a aucune réponse de la Justice s’il n’y a pas de trace physique. »

« En plus, la violence conjugale n’est pas inscrite dans le code civil. Pourtant elle intervient également lors de divorce ou quand il est question de la garde des enfants. Une garde alternée obligera une femme à garder contact avec son ex-mari, alors que l’on sait que le seul moyen de mettre fin à cette violence est de rompre définitivement le contact. »

Céline Caudron, coordinatrice de l’association belge Vie féminine

Nous les femmes, toute notre société, partout dans le monde, nous sommes face à une violence qui n’est toujours pas aujourd’hui appréhendée dans sa globalité alors que les situations de potentiel danger sont malheureusemement très familières à toute femme. Et nous savons, au vu des données recueillies, qu’aucun ‘milieu’, qu’aucune situation ne nous préserve de ce risque de violence.

Les enfants peuvent reproduire les comportements auxquels ils ont été témoins ou exposés et developer des troubles du comportement. Les problématiques de violences conjugales sont susceptibles de se perpétuer de génération en génération si les enfants qui en sont témoins ne bénéficient pas d’un accompagnement adapté.

Informations provenant d’Amesty International:

QU’EST-CE QUE LA VIOLENCE CONJUGALE? SUIS-JE CONCERNE(E)?

« La plupart des couples connaissent des disputes occasionnelles. Entre époux, on peut se fâcher sans que cela ait des conséquences graves. La violence conjugale est autre chose. Elle a ses sources dans un souhait de domination de l’autre. Elle doit se comprendre comme un cycle, une succession d’événements, certains apparemment peu importants (insultes, humiliation verbale), d’autres plus graves (gifles, coups, …). Au fil du temps, les explosions de violence deviennent plus fréquentes, jusqu’à devenir insupportables. Entre ces événements, l’auteur des violences tente de justifier son acte et de le minimiser. Il explique souvent ses gestes par un problème extérieur, comme le stress, l’alcool, le chômage … Ou alors, il tente de faire croire à la victime qu’elle est coupable, (Elle l’a bien cherché) et souvent, la victime le croit. »

CYCLE DE LA VIOLENCE

« La violence conjugale passe aussi par des périodes de  » lune de miel « , périodes de calme et de réconciliation. […] Le doute s’installe alors chez la victime qui culpabilise et finit par s’excuser, convaincue qu’elle avait mérité cette violence. La victime a alors perdu tant ses repères que l’estime de soi et s’isole de plus en plus. »

L’ESCALADE DE LA VIOLENCE

« Chez certains couples, la violence en reste toujours aux premiers paliers. Cependant, dans la majorité des cas, la violence s’aggrave avec le temps. Cette escalade peut être rapide ou prendre des mois et/ ou des années. »

PORTER PLAINTE

« Si vos efforts sont restés vains, il faudra peut-être décider d’engager une action en justice, pour assurer votre sécurité et celle de votre famille. Vous pouvez porter plainte dans n’importe quel commissariat de police. Dans le cadre de la procédure qui découlera de votre plainte, des photographies peuvent être utiles. Pensez donc à rassembler les preuves de la violence de votre conjoint(e). »