Des femmes lanceuses d’alerte

Tous les jours, des femmes se battent pour lever le voile sur des pratiques scandaleuses. Elles ne sont pas toujours recompensées de leurs efforts, ells paient même parfois le prix fort, ce qui justifie le statut de lanceuse d’alerte pour les protéger.

Voici quelques portraits, parmi beaucoup d’autres…

Le monde de la finance

Stéphanie Gibaud a communiqué à la justice une liste tendant à prouver l’organisation d’une gigantesque fraude fiscale d’une banque suisse, UBS, son ex-employeur. Malgré son rôle décisif dans l’enquête sur la banque UBS, elle n’a pu bénéficier ni du statut de lanceuse d’alerte, ni de la protection qui y est liée, ni d’aucune retribution. Dans son ouvrage « La traque des lanceurs d’alerte », elle décrit la totale absence de protection des lanceurs d’alerte en Europe. Aujourd’hui elle se bat seule, elle n’a pas retrouvé de travail et l’Etat français ne l’a pas dédommagée.

Stéphanie Gibaud a permis à l’Etat français d’identifier de nombreux évadés fiscaux, en refusant d’effacer des données. Marraine de l’association « Le mur des insoumis » qui vient en aide aux lanceurs d’alerte, elle milite pour que les banquiers qui orchestrent l’évasion fiscale soient poursuivis et passibles de peines d’emprisonnement.

Le monde de la santé

Irène Frachon a révélé la dangerosité d’un médicament et les agissements d’un laboratoire puissant. Un des plus grands scandales sanitaires du début de ce siècle en France : 2000 morts. Il s’agit du Médiator, médicament commercialisé comme antidiabétique, don’t les effets secondaires mortels. La pneumologue qui s’est battue pour que le Mediator ne soit plus commercialisé fait partie des rares lanceurs d’alerte à avoir gardé son travail, à obtenir gain de cause et à n’avoir pas subi de poursuites judiciaires.

“Je suis une privilégiée, je n’ai pas perdu mon job (ou pas encore), je suis une lanceuse d’alerte qui fait un peu envie, dans le sens où j’ai réussi. Beaucoup de lanceurs d’alerte me demandent comment j’ai fait et ma réponse est terrible: ’2000 morts’. J’ai réussi à obtenir 2800 avis d’indemnisation pour les victimes du Mediator, c’est tout ce qui m’intéresse.”

Irène Frachon

Spécialiste en sciences animales et nutrition santé, la professeure Catherine Bennetau va demander le statut de lanceuse d’alerte. Le sujet d’études de Catherine Bennetau c’est le soja. Plus précisément les phyto-œstrogènes contenus dans la plante et suspectés d’être des perturbateurs endocriniens lorsqu’ils sont consommés en trop grande quantité. Or la consommation du soja a beaucoup augmenté et l’on trouve ce dernier dans un grand nombre de produits. Elle est à l’origine de nombreuses alertes depuis 2002.

Marine Martin, mère de deux enfants handicapés à cause de la Dépakine a réussi à convaincre l’agence du médicament de l’interdire aux femmes enceintes. En 2011, elle crée l’association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anti-convulsivant.

« Les résistantes: Levothyrox, Dépakine, alcool, prothèses PIP… : Elles ont mené le combat »

C’est grâce à ces femmes, à ces mamans, à ces citoyennes humbles et modestes que l’on connaît les dangers de la pilule de troisième génération, que des médicaments dangereux (Distilbène) ou détournés de leurs usages (Cytotec) ont été retirés du marché.  Que des dispositifs médicaux (Essure, prothèses PIP) ont été épinglés. Que des addictions ont été révélées.

Si vous connaissez des lanceuses d’alerte, merci de les relayer dans les commentaires de cet article !

Nous les femmes avons de nombreux combats à mener… Chacune de nous peut faire la difference !