Les règles, un tabou et une stigmatisation intolérables !

Dans le monde, près de 500 millions de filles et de femmes n’ont pas accès aux accessoires nécessaires pour pouvoir prendre soin d’elles pendant leurs règles. Comment dans ce cas participer aux activités quotidiennes comme aller à l’école, se render au travail ou faire du sport ?

En l’absence de bandes hygiéniques, tampons ou coupes menstruelles, ou par manque de moyens, les filles et les femmes utilisent d’autres produits, comme des feuilles de bananier, des journaux ou de la terre. Cela peut causer de graves problèmes de santé.

Dans de nombreux pays, ce sont les hommes qui décident à quoi est dépensé l’argent. Or, souvent ils ne réalisent pas qu’il est nécessaire d’en consacrer à l’hygiène menstruelle.

Dans beaucoup de pays, les filles ne peuvent pas aller à l’école pendant leurs règles. Parce qu’il n’y a pas de toilettes séparées où elles pourraient avoir un peu d’intimité, parce qu’on se moque d’elles ou parce que c’est considéré comme honteux.

En Inde et au Népal, il arrive encore que les filles et les femmes soient chassées de la maison pendant leurs règles, ou bannies vers des huttes de menstruation. Pourquoi ? Parce qu’elles seraient impures. Cette pratique, le ‘cchaupadi’, a été interdite par le gouvernement népalais et y est même passible d’une peine de prison. Pourtant, elle existe toujours.

En Ouganda, il arrive encore qu’en tant que femme, on ne puisse pas se promener dans le jardin au moment des règles, parce qu’on croit que cela fait mourir les plantes.

Quand les filles et les femmes ont leurs règles, leur liberté est entravée à plein d’égards : elles ne peuvent pas aller où elles veulent, toucher à tout, parler à n’importe qui… Souvent, elles font l’objet de moqueries et de harcèlement.

Des kits menstruation dans un camp de réfugiés en Tanzanie

Dans le camp de réfugiés Nduta, en Tanzanie, la menstruation des filles fait souvent l’objet de honte et de nombreux embarras. Leur cycle les fait manquer plusieurs jours d’école par mois, ce qui compromet leur avenir. Lors des situations d’urgence, les filles sont toujours confrontées à des risques supplémentaires, comme le travail des enfants, les mariages précoces et les abus sexuels. Cela peut causer des problèmes de santé sexuelle et des grossesses précoces. Les risques diminuent considérablement quand les filles restent scolarisées.

Dans ce camp de réfugiés, Plan International travaille activement à garder les filles à l’école, même pendant leur menstruation. Les filles apprennent, à l’école du camp, comment elles doivent gérer leurs règles. Elles apprennent à y confectionner des bracelets de menstruation, qui leur permettent de tenir à l’œil leur cycle à l’aide de perles, et donc de moins vivre leur menstruation comme une surprise désagréable.

Menstruatie-armbandjes die de menstruatiecyclus bijhouden.  Een medewerker van Plan International praat met vluchtelingenmeisjes over hun menstruatie en hygiëne.

Briser les tabous liés à la menstruation en Ouganda

En Ouganda, le projet ‘Menstrual Hygiene Management’ a prouvé qu’il est possible de briser les tabous autour de la menstruation.

À travers le dialogue et le théâtre, nous avons expliqué aux filles et aux garçons, sur un ton plus léger, que la menstruation est tout à fait normale, que les filles n’ont donc pas à avoir honte et que les garçons ne peuvent pas se moquer d’elles. Les élèves et enseignant.e.s de quelques écoles en milieu rural ont également appris à fabriquer des bandes hygiéniques réutilisables. Les garçons ont même aidé à confectionner des bandes hygiéniques pour leurs sœurs et leurs mères.

Plan International

Dans tous les pays du monde, avoir ses règles ne devrait plus être ni handicapant, ni stigmatisant. Pouvoir prendre soin de soi, de son hygiène en tant que fille et femme devrait être un droit essentiel !