Nous les femmes en première ligne face au coronavirus

Nous les femmes sommes en première ligne face au coronavirus parce que nous formons la majorité des personnels soignants, au contact direct des malades, et donc nous courons davantage le risque d’être infectées.

La revue médicale The Lancet appelle les gouvernements à prendre en compte les conséquences particulières du coronavirus sur les femmes.

Recrudescence des violences domestiques

La fermeture des écoles, une mesure prise en France comme dans de nombreux autres pays pour lutter contre la propagation, a aussi des effets spécifiques sur les femmes. Ce sont elles, souvent, « qui fournissent la plus grande partie des soins informels dans la famille, avec la conséquence de limiter leur travail et leur opportunités économiques ». The Lancet n’oublie pas de mentionner le statut encore plus compliqué et précaire des travailleuses domestiques employées dans un autre pays que le leur : « Les restrictions de voyage provoquent des lourdes incertitudes financières pour la plupart des travailleuses domestiques étrangères, dont beaucoup voyagent en Asie du Sud-est entre les Philippines, l’Indonésie, Hong Kong et Singapour ».

Autre conséquence pour les femmes, liée à l’instauration du confinement : en Chine, dans les zones mises en quarantaine, les femmes se retrouvent d’autant plus exposées aux violences conjugales. « Depuis que les gens sont confinés à domicile, les ONG ont signalé une augmentation de la violence domestique », écrit l’hebdomadaire britannique The Economist. Un réseau a même été créé pour aider les victimes de violences pendant l’épidémie. Il s’appelle « vaccins contre la violence domestique ». Yuanzhong, une ONG basée à Pékin qui travaille sur les droits des femmes, a publié récemment un nouveau guide », qui inclut « des conseils comme « comment faire une demande de divorce sous quarantaine » ».

Les femmes exclues des prises de décision

C’est tout le paradoxe que souligne The Lancet : les femmes sont particulièrement exposées aux épidémies parce qu’elles sont largement sollicitées pour prendre soin des malades et pour gérer les familles. Pourtant, elles sont sous-représentées dans les instances qui prennent les décisions de gestion de la crise sanitaire. « En dépit du fait que le conseil exécutif de l’OMS [Organisation mondiale de la santé] reconnaisse le besoin d’inclure les femmes dans les prises de décisions pour répondre aux épidémies, la représentation des mêmes femmes aux niveaux nationaux et global dans les espaces politiques qui traite du Covid-19 est inadéquate », conclut la revue, prenant pour exemple la task force mise en place par le gouvernement des États-Unis pour lutter contre le coronavirus, composée en grande majorité d’hommes. L’article se termine par un appel : « Nous demandons aux gouvernements et institutions internationales de la santé de considérer les effets genrés du Covid-19, directs et indirects, et d’inclure les voix des femmes qui sont en première ligne dans la réponse à l’épidémie. »